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Programme Dark Horse de Duff Gibson

Bienvenue à notre série Maillon héritage, où nous présentons des athlètes qui ont déjà été appuyés par l’Institut canadien du sport de Calgary et l’incidence qu’ils continuent d’avoir dans nos collectivités. Cette semaine, nous vous présentons Duff Gibson, médaillé d’or en skeleton aux Jeux olympiques d’hiver de 2006.

 

Duff Gibson a compris que quelque chose n’allait pas dans le sport pour les jeunes au Canada quand son plus jeune fils, qui avait huit ans à l’époque, lui a dit après une partie de hockey : « Mon entraîneur prend les choses trop au sérieux. » Le jeune garçon avait vu l’entraîneur hurler sur ses joueurs et les empoigner par le col de leur chandail.

Venant de son fils, un jeune athlète sûr de lui, énergique et doué, qui a besoin d’être ralenti à l’occasion, ce commentaire était surprenant et navrant. Ce fut aussi une révélation pour M. Gibson, qui revenait tout juste des Jeux olympiques d’hiver de 2014 à Sochi, où il avait été entraîneur-chef de lʼéquipe canadienne de skeleton.

« J’ai pris conscience que j’avais entraîné une équipe d’exception au niveau de compétition le plus élevé et que nous obéissions tous à un certain code de conduite, dit-il. Le comportement de cet entraîneur envers ses jeunes joueurs de huit ans n’aurait jamais été toléré au niveau olympique. »

L’ironie de la situation le frappait durement. Le champion olympique de 2006 a donc décidé d’entreprendre un grand voyage dans le monde du sport pour les jeunes. « J’ai beaucoup réfléchi et j’ai beaucoup lu, se souvient M. Gibson. » Il a appris, entre autres, que les jeunes athlètes qui se spécialisent dans un sport à lʼâge de dix ans abandonnent à lʼâge de douze ans et ne pratiquent plus jamais ce sport. « C’est faire les choses à l’envers et ça ne devrait pas se passer comme ça. »

M. Gibson, qui est aussi pompier à Calgary, souhaitait un parcours différent pour les jeunes athlètes, axé sur le plaisir, le développement des compétences, l’effort et l’amélioration. Le programme Dark Horse Athletic est né en 2016.

« À mon avis, nous avons créé un excellent programme d’éducation physique, soutient M. Gibson. » Au départ, Dark Horse était un programme multisport destiné à enseigner aux enfants de sept à quatorze ans des compétences de base qu’ils n’auraient pas pu acquérir ailleurs. Mais il a rapidement évolué et les jeunes y apprennent maintenant bien plus que les techniques de drible au basketball.

« J’ai observé le système du point de vue des enfants et j’ai constaté que nous leur envoyons constamment, subtilement et systématiquement le message que l’important, c’est de gagner. J’ai constaté aussi qu’en définitive, nous leur apprenons à être déçus et humiliés lorsqu’ils ne gagnent pas, déplore M. Gibson. »

M. Gibson, lui-même un athlète polyvalent qui a atteint un niveau élevé dans de nombreux sports avant de passer au skeleton, était manifestement frustré par lʼaccent mis sur la victoire et son incidence sur les jeunes Canadiens. « Qu’est-ce qui motive les jeunes? »

À lʼopposé, la Norvège, un petit pays de 5,3 millions d’habitants qui a remporté 39 médailles aux derniers Jeux olympiques dʼhiver, a mis en place un système sportif pour les jeunes à lʼéchelle du pays basé sur la participation et le plaisir. Il y a des compétitions, mais les pointages ne sont pas enregistrés et les jeunes ne reçoivent pas de récompenses avant l’âge de 13 ans. L’accent est mis sur la valeur intrinsèque du sport.

L’importance accordée à la victoire dans le sport pour les jeunes au Canada a poussé M. Gibson à adopter une approche similaire à celle de la Norvège dans le programme Dark Horse. « Cela a réellement changé la façon dont nous gérons le programme maintenant, explique-t-il. Lʼobjectif est tout simplement de devenir meilleur, de s’améliorer et de se faire plaisir en atteignant de petits objectifs qui ne sont pas liés à la victoire. »

À la fin de chaque séance, les groupes se réunissent pour féliciter les enfants qui se sont dépassés ou qui ont fait de leur mieux, en les applaudissant, tout simplement. Rachel Sawyer, dont les trois enfants mordus de hockey et de baseball participent au programme Dark Horse depuis le premier jour, sʼémerveille en pensant à quel point ils sont heureux lorsqu’ils obtiennent ces applaudissements.

« Je ne pourrais pas encourager mes enfants à la maison avec de simples applaudissements, dit-elle en riant. Mais au programme Dark Horse, c’est ça qui les motive. Il faut être doué pour amener un groupe d’enfants à comprendre ce message. »

Au début, les enfants de Mme Sawyer étaient ravis parce que certains des entraîneurs étaient des médaillés olympiques et qu’ils étaient impatients de les rencontrer, mais maintenant, ils participent aussi parce qu’ils s’amusent énormément. « Ils ne réalisent pas tout ce qu’ils gagnent en force grâce à ce programme, explique Mme Sawyer. Les enfants qui participent à Dark Horse sont tous différents, mais ils ont tous leur place. Peu importe qu’ils soient doués ou pas. »

Dark Horse s’est récemment élargi pour offrir des programmes de niveau primaire, car selon M. Gibson, il y a un manque évident dans le développement des compétences chez les plus jeunes. « Non seulement le système sportif pour les jeunes est fondamentalement déficient, mais le système d’éducation les laisse aussi tomber, affirme-t-il. »

Citant le manque de spécialistes en éducation physique dans les écoles primaires, où les professeurs sont responsables de toutes les matières, y compris les sports, même s’ils n’ont pas les qualifications requises pour enseigner les habiletés sportives de base, M. Gibson estime qu’il reste beaucoup de travail à accomplir. « Nous ratons l’occasion de développer les compétences de ces jeunes à un âge idéal. »

Dans le cadre du programme Dark Horse, M. Gibson met actuellement au point une série de tutoriels en ligne à lʼintention des professeurs et des élèves et qui met en vedette des athlètes olympiques montrant comment dribler au basketball ou faire une passe d’attaque au volleyball. Les athlètes montrent également les mauvaises techniques, pour que les professeurs sachent quoi surveiller pendant les pratiques de leurs élèves.

À long terme. M. Gibson souhaite transformer le système sportif pour les jeunes à Calgary et au Canada. Compte tenu de la réussite de la Norvège, il est certain d’être sur la bonne voie. Mais il doit miser au-delà des 300 enfants et de leurs parents engagés jusqu’à maintenant dans le programme Dark Horse.

« Si tous les gens reconnaissaient que l’éducation physique est amusante, nous aurions atteint notre but, insiste-t-il. On oublie la finalité de l’activité physique et le système sportif est là uniquement pour créer des petits champions du monde de douze ans. Pourquoi fait-on du sport? Parce que c’est censé être amusant. »

Institut canadien du sport de calgary: @csicalgary
Rédigé par Kristina Groves: @kngrover
18/04/18

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